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Calcinculo (2000)

juin 10 2000 Sophie Tessier

 

Littéralement, Calcinculo se traduit par « coup de pied au cul », mais désigne aussi en Italie le manège de fête foraine également appelé « chaises volantes ». Ce carrousel qui, une fois lancé à vive allure, envoie dans les airs ceux qui ont pris le risque de s’y installer…

 

Comme lors de la première création Liaisons dangereuses, également mise en scène par Dirk Opstaele, Feria Musica mélange différentes disciplines artistiques dans un travail commun.
Neuf acteurs-danseurs-acrobates et six musiciens se défont mais aussi se jouent du « Calcinculo »… Portés par le même désir de construire, tous s’élancent entre les poulies, les poutres et les cordes s’enchevêtrant dans une étrange structure éphémère. Sur le rythme d’une musique live métissée, l’édifice va lentement s’élever. A chaque étape, l’instabilité reprend le dessus, mais la folle ivresse de ces « bâtisseurs » n’en paraît que plus forte.

 

Les résultats successifs de cette folie constructive, tant que les intentions des personnages, restent indéfinis. De leurs infatigables tentatives surgit une structure qui pourrait ressembler à un tipi, au squelette d’un navire, ou encore à une œuvre abstraite, une pyramide tordue, un pont vers nulle part, …
Cette entreprise collective, les interactions subtiles et étroitement ficelées entre les personnages de cette aventure, mettent en relief de multiples facettes du comportement humain : solidarité, curiosité, ingéniosité…

 

Calcinculo, s’inscrit dans le renouveau du cirque en revisitant l’acrobatie, le clown ou la jonglerie. Ici, les poulies remplacent les trapèzes et les poutres de chantier les quilles des jongleurs. Les équilibres naissent de la précision et de la dextérité de ses protagonistes collectivement soumis aux plaisirs et aux dangers de la construction d’un ”caprice architectural”.

Mais théâtre il l’est également, un théâtre qui révèle l’acteur et ce qu’il peut faire de son corps, qui exprime la vie et suscite tension et sensation. C’est un théâtre direct, en création perpétuelle, minimaliste, qui repose sur les relations humaines, seules réalités dont on ne pourrait se passer.

 

Calcinculo a été présenté lors de 70 représentations en France et en Belgique (Les Halles de Schaerbeek à Bruxelles, Le Parc de La Villette à Paris, Le Théâtre Royal de Namur, La Coursive à La Rochelle, La MCNN à Nevers, Le Cratère à Alès, Le CDN de Normandie, Festival Theater op de Markt à Hasselt, Bonlieu à Annecy et le Carré St Vincent à Orléans)

 

Ce qu’en dit la presse

 

Calcinculo est un spectacle atypique, mobilisant autour de neuf acrobates tout un attirail de poutres, cordes et poulies destiné à la construction chorégraphiée de structures éphémères symboliques. L’important réside dans l’édification (non dans le résultat), afin de mettre en valeur les aspects positifs du comportement humain : solidarité, audace, ingéniosité. Le message est clair : sans les autres, l’individu ne peut s’élever. L’initiative est ambitieuse, le résultat déroutant.

Edwige Audibert – Libération  (3/08/2000)

Accord parfait à la Villette entre la musique et le nouveau cirque. « On salue non seulement les superbes solos (trapèze ballant, sangles, tissu, mât chinois…) mais leur ajustement est millimétré. Et le synchronisme époustouflant de la partition, de la piste et des instruments. Neuf acrobates-danseurs-acteurs à l’unisson des six musiciens et réciproquement, c’est un gageure rare dans le nouveau cirque (…).

Anne-Marie Paquotte – Télérama (23/08/2000)

 

On se laisse prendre par la beauté de l’architecture (…) dont on mesure point par point la progression. (…) voltige par-ci, acrobaties par-là, trapèze ballant ou superbe prestation au mât chinois (…) ». « La musique, jazz-rock atmosphérique servi par un orchestre de six musiciens, sature l’espace, englobe le public dans la même bulle que les acteurs. De telle sorte qu’il se retrouve vite partie prenante de l’entreprise et charmé de l’enchevêtrement métallique qui dresse sa silhouette majestueuse sur le plateau.

Rosita Boisseau – Le Monde «  (5/08/2000)

 

Un étonnant jeu de construction que ce « Calcinculo », une longue métaphore d’érection de gratte-ciel, au rythme épuré et rigoureux (…). Un spectacle parfois magique (…), radical, déterminé et au déséquilibre permanent.

Damien Bodart – La libre Belgique (7 & 8/07/2001)

 

 

Générique

 

Calcinculo a été produit par Philippe de Coen et Benoît Louis pour Feria Musica, sur une idée originale de Philippe de Coen, en co-production avec Bruxelles-Brussel 2000, les Halles de Schaerbeek et l’Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette à Paris. Avec le soutien de la Coursive-scène nationale de la Rochelle, de la Maison de la Culture de Nevers et du Ministère de la Culture de la Communauté Wallonie-Bruxelles.

 

Mise en scène Dirk Opstaele

Direction de production Philippe de Coen

Direction Musicale Benoît Louis

Composition et arrangements Benoît Louis et François Garny

Scénographie Jean-Claude De Bemels

Régie et éclairages Serge Simon / Benoît Théron

Sonorisation Nicolas Haber

Ingéniosité et Construction Bruno Renson

Neige et vent Olivier de Laveleye

Costumes Françoise Van Thienen

Diffusion et relations publiques Céline Maufra

 

Acrobates et danseurs Arnaud Bernard, Pascale Clerbaux, Arnaud Leroy, Régis Leroy, Lisa Rahbek, Adrain Stan, Marceline Ribouillault, Julia Christ, Gaël Bernier, Oliver Koch, Serge Lazar, Kiluangi Runge, Luis Vergara

Musiciens Jean-Pierre Froidbise, François Garny, Gil Gimenez, Manu Hermia, Benoît Louis, Michel Seba

Comédiens Jan Hammenecker, Xavier Decoux, Ingrid Marcq

 

© Photos Mimi Brocas, Thyl, Stéphanie Friedli

 

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