Acrobates54

Quelque chose d’humain

juin 24 2014 Sophie Tessier

 

Renata2Entretien avec Renata do Val, artiste brésilienne formée au main-à-main à l’Ecole du Lido (Toulouse). Exilée en vadrouille, sourire, doudoune et ukulele comme bagages de base…

 

Comment as-tu débuté le cirque ? Et quel a été ton parcours ?

J’avais 16 ans quand j’ai commencé. Je ne sais pas pourquoi. Je faisais de l’escalade, j’aimais faire des choses avec le corps. Le cirque, c’était amusant, sans compétition, avec une dimension artistique.

Après le lycée, j’ai dû décider ce que je voulais faire. J’ai fait une école de cirque à São Paolo, qui ne correspondait pas vraiment à mes attentes alors je me suis inscrite en école d’architecture tout en continuant à m’entraîner le matin.

Dans le cirque, il y a quelque chose d’humain, sans théorie. Cet aspect-là m’a poussée à finalement me consacrer entièrement à l’acrobatie.

Après quatre mois de cours à Montréal avec André, on est venu faire la sélection au Lido. Je suis arrivée à Toulouse un peu perdue. La formation est dure psychologiquement, mais très enrichissante. Tu te poses des questions sur tout : pourquoi je fais ça ? qu’est-ce que je fais ? qu’est-ce que je veux dire avec ça ? Tu ne viens pas que pour l’amusement… Mais ça ma correspondait !

 

 

Comment as-tu accueilli la proposition de travailler avec Feria Musica pour Daral Shaga ?

C’est un ami à moi qui a parlé de nous à Philippe (Pau, compagnie Fet a Ma, spectacle Cru). Notre travail se rapproche du leur, c’était déjà un plaisir que cette mise en relation !

 

Comment se passe le travail aujourd’hui ?

J’aime l’équipe, la façon dont Fabrice, Giacinto et Emily s’adressent à nous en plaisantant, alors que c’est énorme ce qu’ils font. Je suis habituée à des tournées dans la rue, plutôt des choses petites, pas très professionnelles… C’est une grande expérience pour moi.

Malgré la dimension du projet, je sens une écoute dans l’équipe, je trouve que les journées sont organisées de façon très humaine. J’ai hâte de voir le résultat avec les chanteurs et les musiciens.

 

Que t’évoque le thème de l’exil ?

Le documentaire que Fabrice nous a montré la première semaine, la Forteresse, m’a marquée. Le thème est un peu dur pour moi, même si je n’ai pas galéré, ça me parle beaucoup. Je suis exilée et je me sens toujours étrangère, nulle part chez moi. J’ai parfois l’impression d’avoir deux vies, sans pour autant être deux personnes différentes.

 

Photo © Hubert Amiel

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