Coulisses31

Septième et huitième semaine / mettre en place

sept 04 2014 Sophie Tessier

 

 

 

Les voix, les instruments

Entendre les musiciens et les chanteurs pour la première fois sur le plateau. C’est pour ainsi dire l’événement de cette nouvelle session de travail à Bruxelles. Nous disposons de 6 jours top chrono pour passer à travers toutes les scènes et tester les déplacements, les positions des chanteurs, la façon dont la musique rencontre l’action au plateau. Mélancolie et espoir se dégagent de la partition ; piano acharné et violoncelle acéré sur les braises enveloppantes des clarinettes.

 

La méthode

Si le matin, chacun est attelé à sa tâche première – acrobates aux agrès, chanteurs et musiciens en répétition chez Kris Defoort – les après-midi sont consacrés à réunir les interprètes sous les directives d’un metteur en scène déterminé, méthodique, frondeur. Deux scènes par jour sont abordées avec les musiciens puis on travaille les positions des deux scènes suivantes entre acrobates et chanteurs pour le lendemain, et ainsi de suite. Il faut « tracer », arriver à la mer (scène 11) samedi, tester la scène finale coûte que coûte.

 

Les dépenses

En coulisses, on égraine les idées de costumes et d’accessoires pour évoquer le contraste entre la terre quittée et la terre convoitée. Des roses, des confettis, des boules à facettes, des seaux d’eau, des couvertures… Les friperies de Bruxelles sont notre caverne. Au rayon bricolage, peinture, bois et sacs de jute, les achats vont bon train et l’administratrice veille au grain.

 

Les conclusions

Au bout de six jours, la phase de mise en place est accomplie, essentielle pour que le travail de lumière puisse avancer à Limoges, pour que les images se dessinent plus nettement par la suite. Ce travail permet aussi de mettre en relief les manques de lisibilité, les besoins de silence, les moments pour lesquels le bon équilibre reste à trouver. Jeudi, le débriefing est dense, il faut se préparer au mieux pour la phase finale. Nous réalisons que les surtitres seront nécessaires et que le rôle de l’émigré doit encore se frayer un chemin juste dans la mise en scène. Le cirque peut être plus présent et plus imprégné d’intentions. Le chœur des émigrés acrobates doit faire mûrir sa voix, sa puissance. Kris continue d’écrire la musique, les ponts entre les scènes, laissant encore des plages flexibles et affinant les tempos.  Il faudra mettre au point la scène finale, la raccourcir, lui donner tout son impact. Rendez-vous à Limoges !

 

© Photos Hubert Amiel

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