Le larsen (ou feedback acoustique) est la bête noire de tout technicien son live. Ce sifflement aigu incontrôlé survient quand le signal d’un retour de scène est capté par un micro ouvert et ré-amplifié en boucle. Bien positionner ses retours de scène est la première étape pour l’éviter — et c’est souvent le point le plus négligé lors du montage scène.
Comprendre pourquoi le larsen se produit

Le larsen se produit quand un microphone est dans le champ de rayonnement direct d’un retour de scène qui lui renvoie son propre signal. Plus le micro est proche du retour et dans son axe, plus le risque est élevé. La fréquence du larsen correspond à la fréquence à laquelle le gain combiné micro + retour + salle dépasse l’unité — une fréquence amplifiée en boucle infinie.
La règle du “champ mort” du microphone
Chaque microphone a une directivité — une zone de sensibilité et une zone d’insensibilité (le champ mort ou null). Un micro cardioïde standard est le plus sensible face à la capsule (0°) et le moins sensible en arrière (180°). Un micro hypercardioïde est insensible à ±120° de l’axe.
La règle d’or : placez le retour de scène dans le champ mort du microphone. Pour un micro cardioïde, le retour doit idéalement être derrière le micro, dans l’axe 180°. Cette position maximise la rejection du son du retour par le micro.
Positionnement pratique selon la configuration

Pour un chanteur avec pied de micro
Le retour de scène du chanteur doit être placé devant ses pieds, légèrement décalé (à 30-45 cm de la ligne avant) et orienté vers son visage à environ 45° vers le haut. Le micro cardioïde pointe vers l’avant de scène — le retour est donc dans son axe arrière (zone de rejection). Distance recommandée entre retour et micro : minimum 1 mètre. Plus le retour est proche, plus le risque de larsen augmente exponentiellement.
Pour un guitariste ou bassiste
Le retour de scène d’un instrumentiste doit être à 1,2-1,5 m minimum de son micro de voix (s’il chante) ou de son micro d’ampli. L’orienter légèrement de côté plutôt que directement face au micro d’ampli réduit le risque d’interaction.
Les autres causes de larsen à connaître
Le mauvais positionnement n’est pas l’unique cause. D’autres facteurs contribuent : un gain trop élevé dans la chaîne (préampli micro monté trop fort), des murs très réfléchissants en fond de scène, une égalisation insuffisante du retour (certaines fréquences sont naturellement plus propices au larsen que d’autres — généralement dans les graves-médiums 250-500 Hz et les aigus 2-4 kHz). Un processeur anti-larsen (dbx DriveRack, Behringer FBQ) peut aider, mais ne remplace pas un bon positionnement initial.
Pour choisir votre retour de scène, consultez notre comparatif des meilleurs retours de scène actifs.
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